A Liège, l’ASBL « Leg’s Go » offre la possiblité de faire du sport en étant amputé

Luc Huberty
Luc Huberty – © RTBF – Bénédicte Alié

Bénédicte Alié

80% des handicaps surviennent au cours de la vie dans des accidents domestiques, accidents de la route ou au travail. Cette année encore, l’opération Cap 48 mettra en lumière la situation de ces hommes, ces femmes et parfois ces enfants dont la vie a un jour basculé.

Une personne amputée qui fait du sport, c’est une personne qui va bien

Certains se sont reconstruits grâce au sport. C’est le cas de Luc Huberty, un para-triathlète originaire d’Amay. Victime d’un grave accident de la route il y a un peu plus de seize ans, Luc Huberty, 53 ans, a dû être amputé de la jambe droite, au-dessus du genou. Il y a deux ans, il fonde l’ASBL « Leg’s Go » pour permettre à d’autres personnes amputées de membres inférieurs de pouvoir pratiquer la course à pied, grâce à une prothèse adaptée pour ce sport: « Je me suis reconstruit après mon accident grâce au sport. Une personne amputée qui fait du sport, c’est une personne qui va bien. Et quand on va bien, on maintient sa santé, mais aussi on ne prend pas de cachets. C’est vrai que moi, ça fait des années que je ne prends plus de médicaments pour des douleurs fantômes, tout ça parce que je me sens bien en faisant du sport ».

Retrouver l’estime de soi et ne pas s’isoler des autres, créer une solidarité sont aussi les raisons d’être de l’ASBL « Leg’s Go » qui compte aussi parmi ses participants des coureurs valides, comme Yves Robert: « Je me suis dit que je voulais aider Luc. C’est-à-dire pouvoir les encadrer parce qu’il y a des personnes qui passent très près d’eux et ils peuvent être déséquilibrés. Il y a aussi l’ambiance avec eux. Ce sont des personnes qui ont vécu quelque chose de dramatique, mais qui ont un moral d’acier ».

Pierre Denis a 47 ans. Il est Liégeois. Il y a une vingtaine d’années, il a été amputé d’une jambe à la suite d’un accident au cours d’un entraînement de football. A présent, il a une prothèse et il s’entraîne actuellement pour courir le marathon de Valence, le mois prochain.

L’accident dramatique dont il a été victime n’a pas eu raison de son envie de continuer à faire du sport et à se dépasser: « C’est un choc, parce qu’on ne s’attend pas du tout à rentrer sur un terrain de foot pour en repartir avec une jambe en moins. Mais quand les médecins m’ont dit que je ne courrai plus, moi j’ai eu envie de courir. Je suis donc devenu un assidu de la course. Au début du port de la prothèse, j’ai très vite voulu faire de l’athlétisme, donc je me suis mis dans un club pour valides. A l’époque, il y a 20 ans, il y avait beaucoup moins de lames, on en parlait très peu. J’étais un peu un des premiers en Belgique à faire ça. Et je suivais tous les entrainements valides avec le club. Puis, l’âge étant là, on va vers des distances de plus en plus longues, vers de nouveaux défis, et je me suis mis en tête maintenant de faire un marathon ici au mois de novembre. Une première pour moi, une première pour un amputé belge aussi. C’est pour peut-être faire une boucle, et me dire, voilà, en 20 ans, je serai passé du sprint court à un 42 kilomètres. Et avec de l’expérience sur marathon, de pouvoir dire oui, on l’a fait, vous pouvez le faire aussi, et on peut vous y aider ». Aujourd’hui, Pierre Denis s’entraîne au sein de l’ASBL « Leg’s Go ».

Il faut savoir qu’une prothèse de course coûte chère: plusieurs milliers d’euros. L’ASBL « Leg’s Go » met régulièrement sur pied différents événements, sportifs notamment, qui permettent de lever des fonds.

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